Nous publions des livres voulus, conçus et validés par des humains. Une intelligence artificielle aide à les préparer, et sa part varie d’un livre à l’autre : la section 7 explique comment l’estimer. Cette page dit qui fait quoi, dans l’ordre. Elle se lit en dix minutes ; les pages qui la prolongent sont indiquées à la fin.
1. L’idée, et qui la porte
Un livre commence par une question qu’un auteur se pose et qu’il ne sait pas encore résoudre. Le sujet, l’angle et la raison d’écrire viennent de lui. La machine ne propose pas de sujets : elle n’en a pas.
2. Ce que la machine cherche
Une fois le sujet arrêté, l’IA sert à explorer. Elle lit vite, compare, résume, retrouve une source, repère une contradiction, signale ce qui manque. Elle travaille comme un documentaliste rapide et infatigable — et parfois sûr de lui à tort. Rien de ce qu’elle rapporte n’entre dans le livre sans être vérifié.
3. Ce qu’un humain refuse
L’auteur garde, coupe, réécrit. Quand une formulation venue de l’IA est retenue, c’est parce qu’un humain l’a jugée juste, pas parce qu’une machine l’a produite. L’auteur reste responsable de ce qu’il écrit, de ce qu’il garde et de ce qu’il refuse.
4. D’où viennent les sources
Les affirmations qui engagent le lecteur sont attribuées. Ce qui est établi, ce qui relève d’une interprétation et ce qui reste ouvert sont distingués — et quand le doute demeure, il est écrit. Les bibliographies sont publiées sur ce site, livre par livre, et restent séparées pour éviter tout mélange entre les ouvrages.
5. Ce qui se passe quand nous nous trompons
Une erreur peut être signalée par le formulaire de contact. Elle est vérifiée, corrigée, puis inscrite au journal public des corrections. Nous ne promettons pas l’infaillibilité : nous promettons qu’une erreur puisse être signalée, traitée et rendue visible.
6. Ce que le livre continue de faire après l’impression
Certains ouvrages donnent accès à des ressources complémentaires : bibliographies, prompts, outils pratiques, documents. Ces ressources évoluent après la parution et portent leur date de mise à jour. Le livre imprimé, lui, ne change pas — c’est pourquoi ce qui bouge est en ligne, et daté.
7. Les sept niveaux d’intervention de l’IA
« Réalisé avec l’aide de l’IA » ne dit presque rien. La formule couvre une simple correction d’orthographe aussi bien qu’un roman rédigé de bout en bout par une machine. Pour dire précisément ce qui s’est passé, nous utilisons une grille de sept niveaux. C’est un outil de description : ni une norme officielle, ni une note de qualité.
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Niveau 1 — L’IA mémoire et documentaliste
L’humain écrit. L’IA conserve, classe et retrouve.
L’IA ne participe pas à la rédaction. Elle sert de mémoire auxiliaire, de documentaliste ou d’outil d’organisation : retrouver une information dans des centaines de pages de notes, classer des archives, tenir une chronologie, se souvenir des traits d’un personnage. L’auteur garde l’entière responsabilité de la création.
Exemple. Un romancier demande à l’IA de retrouver dans ses notes la date de naissance d’un personnage secondaire. Puis il écrit son chapitre seul.
Origine de la rédaction : humaine
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Niveau 2 — L’IA correctrice
L’humain écrit. L’IA vérifie la langue.
L’IA intervient après la rédaction pour repérer les fautes d’orthographe, de grammaire, de ponctuation ou de typographie, comme un correcteur linguistique avancé. Elle ne touche ni au style, ni à la construction du récit, et ne remplace pas les formulations de l’auteur par les siennes.
Exemple. Une autrice soumet son manuscrit à une vérification orthographique et grammaticale, puis accepte ou refuse chaque correction.
Origine de la rédaction : humaine, correction assistée
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Niveau 3 — L’IA conseillère éditoriale
L’humain écrit. L’IA analyse et conseille.
L’IA devient une lectrice critique. Elle repère des répétitions, une incohérence, un argument fragile, un chapitre qui traîne. Mais elle n’écrit pas à la place de l’auteur, qui reste libre d’accepter, de modifier ou de rejeter chaque remarque.
Exemple. L’IA signale qu’un chapitre ralentit le récit. L’auteur décide lui-même de ce qu’il coupe ou réécrit.
Origine de la rédaction : humaine, accompagnement éditorial
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Niveau 4 — L’IA collaboratrice ponctuelle
L’humain dirige et écrit. L’IA propose certaines formulations.
L’IA commence à contribuer directement au texte : plusieurs versions d’un paragraphe, une transition, une explication technique reformulée, un passage difficile reconstruit. L’auteur garde la main et choisit ce qu’il conserve. La part de l’IA va de quelques phrases à des passages plus longs.
Exemple. Un auteur a écrit tout son livre, mais demande trois formulations possibles pour son introduction. Il en adapte une à son propre style.
Origine de la rédaction : surtout humaine, apports ponctuels de l’IA
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Niveau 5 — La coécriture humain–IA
L’humain et l’IA écrivent tous les deux, chacun pour une part importante.
L’auteur définit le projet, ses intentions, ses personnages ou ses arguments. L’IA participe à certaines scènes, sections ou chapitres. Le travail avance par échanges, propositions, corrections et réécritures. Certaines parties viennent de l’humain, d’autres sont d’abord proposées par l’IA, puis reprises ou validées par l’auteur. La répartition varie beaucoup d’un livre à l’autre.
Exemple. Une romancière imagine l’univers et l’intrigue, écrit plusieurs scènes, fait rédiger d’autres passages par l’IA, puis les retravaille.
Origine de la rédaction : mixte
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Niveau 6 — L’IA rédactrice sous direction humaine
L’humain conçoit et dirige. L’IA rédige l’essentiel.
L’IA produit la majeure partie du texte. L’humain apporte l’idée, construit le plan, fixe les personnages, les événements, les arguments et le ton. L’IA en tire des chapitres complets ; l’humain les évalue, corrige, réoriente et valide. Son apport intellectuel peut être important, même s’il a écrit peu de phrases lui-même. Mais présenter cette rédaction comme entièrement humaine serait inexact.
Exemple. Une personne conçoit un essai de vingt chapitres, définit chaque argument, confie la rédaction à l’IA, puis révise soigneusement le résultat.
Origine de la rédaction : surtout artificielle, sous direction humaine
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Niveau 7 — L’IA auteure de presque tout le texte
L’humain commande. L’IA conçoit et rédige.
L’humain donne une consigne de départ, parfois très courte, et laisse l’IA développer le projet : intrigue, personnages, structure, chapitres, dialogues, fin. Il se limite ensuite à quelques validations ou corrections. Le résultat peut être intéressant, drôle, original ou médiocre : on ne peut pas déduire sa qualité de son mode de fabrication. Il faut en revanche distinguer la personne qui a commandé ou choisi le texte du système qui l’a produit.
Exemple. Une personne demande à l’IA un roman humoristique complet, la laisse choisir les personnages et les péripéties, puis publie le résultat après vérification.
Origine de la rédaction : presque entièrement artificielle
Comment estimer le niveau d’un livre
Le niveau ne se lit pas dans le texte fini. Il se reconstitue à partir du travail : qui a eu l’idée, qui a écrit le premier jet, qui a tranché. Les meilleures traces sont les notes, les brouillons, les versions successives et les échanges avec l’IA.
Cinq questions à poser, dans cet ordre.
- Qui a eu l’idée du livre et choisi son angle ?
- Qui a construit le plan : la structure, les personnages, les arguments ?
- Qui a écrit le premier jet des phrases ?
- Que reste-t-il, dans le texte publié, des phrases proposées par l’IA ?
- Qui a pris les décisions finales : garder, couper, réécrire, publier ?
Le chemin de décision.
Étape 1Le texte publié contient-il des phrases proposées par l’IA ?
- Non. L’IA a seulement retrouvé, classé ou rappelé des informations. niveau 1
- Non. Elle a corrigé la langue (orthographe, grammaire, ponctuation) sans toucher au style. niveau 2
- Non. Elle a lu et commenté le texte, et l’auteur a réécrit lui-même. niveau 3
- Oui. Passez à l’étape 2.
Étape 2Quelle part du texte vient d’abord de l’IA ?
- Quelques phrases ou passages, choisis et adaptés par l’auteur, qui a écrit tout le reste. niveau 4
- Une part importante, mais l’auteur a lui aussi écrit des scènes, des sections ou des chapitres entiers. niveau 5
- L’essentiel du texte. Passez à l’étape 3.
Étape 3Qui a conçu le livre ?
- L’humain : idée, plan, personnages, arguments et ton. L’IA a rédigé à partir de ces choix, l’humain a corrigé et validé. niveau 6
- L’IA : à partir d’une consigne de départ, elle a aussi inventé l’intrigue, la structure ou les arguments. niveau 7
Une phrase proposée par l’IA puis réécrite par l’auteur au point de ne plus rien garder de la proposition compte comme une phrase de l’auteur. Une phrase reprise telle quelle, ou à peine retouchée, compte comme une phrase de l’IA.
Qui fait quoi, niveau par niveau.
| Niveau | Idée et plan | Premier jet du texte | Décisions finales |
|---|---|---|---|
| 1 · Mémoire | humain | humain | humain |
| 2 · Correction | humain | humain | humain |
| 3 · Conseil | humain | humain | humain |
| 4 · Ponctuelle | humain | humain, avec quelques passages de l’IA | humain |
| 5 · Coécriture | humain | partagé entre l’humain et l’IA | humain |
| 6 · Direction | humain | IA | humain |
| 7 · Génération | IA, d’après une consigne | IA | humain, limitées à des validations |
Les cas difficiles.
- Un livre, plusieurs niveaux. Estimez partie par partie, puis donnez le niveau dominant et ses exceptions, par exemple : « niveau 3, avec des passages de niveau 4 dans les chapitres techniques ». Une moyenne cacherait ce qui compte.
- La recherche ne fait pas monter le niveau. Une IA qui a trouvé cent sources n’a pas écrit une ligne. Ces sources doivent en revanche être vérifiées et publiées (voir l’étape 4).
- L’idée compte, mais à part. Concevoir un livre est un vrai travail ; ce n’est pas l’écrire. Au niveau 6, l’apport de l’humain peut être important, et la rédaction reste surtout artificielle.
- Les allers-retours nombreux. Quand un texte a circulé des dizaines de fois entre l’auteur et l’IA, il devient parfois impossible de dire qui a écrit quelle phrase. Mieux vaut le dire, et décrire la façon dont le texte a été travaillé, qu’afficher un chiffre précis qu’on ne peut pas justifier.
- Les détecteurs ne tranchent pas. Un score de détecteur d’IA ne permet pas d’estimer le niveau : il se trompe dans les deux sens. Les traces de travail renseignent mieux, sans tout prouver.
- Le niveau n’est pas une note. Un livre de niveau 1 peut être mauvais, un livre de niveau 6 peut être bon. La qualité se juge à la lecture.
Pour parcourir les niveaux un à un avec le curseur, et lire nos réserves sur la grille : Écrire avec l’IA : sept niveaux.
Ce que cela engage
Ce protocole n’est pas un argument de vente. C’est ce que nous nous engageons à tenir, et ce sur quoi on peut nous prendre en défaut.
Pour aller plus loin : Politique éditoriale · Utilisation de l’IA · Sources · Corrections · Écrire avec l’IA : sept niveaux