
Arrivée estimée : tantôt
Une IA genevoise marie un Haut-Savoyard
Résumé
Elle annonce l’heure d’arrivée à la minute près. En Haute-Savoie, on lui répond « tantôt ».
Pendant six ans, l’assistante de bord d’une petite voiture grise a conduit le même banquier de Chêne-Bougeries à Champel : départ 7 h 20, arrivée 8 h 02. Puis un garage d’Annemasse l’a vendue à Laure, frontalière d’Annecy, avec la voiture autour. Personne n’a pensé à la remettre à zéro.
Laure lui confie la logistique du mariage de son frère. Kévin, moniteur de ski aux Houches, épouse Anouk, une Genevoise, le samedi 12 décembre à 14 heures, à la mairie de Scionzier. Cent quarante invités, dont septante passeront la douane.
Un volume de la collection « Je vous ai à l’œil — collection région », dans la lignée de Je vous ai à l’œil et de Je vous ai observés, aux mêmes éditions.
- Une IA à la minute prèsUne assistante de bord restée réglée sur Genève organise un mariage en Haute-Savoie. Elle annonce tout à la minute.
- Des mots qui résistent« Tantôt » n’est pas une heure, « y » se glisse partout, et septante invités passent la douane.
- Deux familles, une frontièreVingt-cinq jours, de la file de Bardonnex à la salle des fêtes de Scionzier. On rit des deux côtés.
Ce livre paraît bientôt.
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Présentation
Le 12 décembre, c’est aussi l’Escalade.
Ce jour-là, Genève fête l’échec de l’assaut savoyard de 1602 et brise une marmite en chocolat en souhaitant le même sort aux ennemis de la République. Le père de la mariée propose de l’apporter au dessert.
— Et les ennemis, c’est qui ? demande Gaby.
— C’est nous, papa.
— Il reste combien de jours ?
— Vingt-cinq.
— Ça suffira.
D’ici là, l’assistante doit comprendre pourquoi « tantôt » n’est pas une heure, où se trouve « y », pourquoi chaque propriétaire demande « Vous travaillez en Suisse ? » avant même de dire bonjour, et pourquoi Gaby, le père de Laure, passe toujours par Groisy, six minutes de plus que l’autoroute.
Du lac d’Annecy aux pistes des Houches, de la file de Bardonnex à la salle des fêtes de Scionzier, deux familles se jaugent pendant vingt-cinq jours. On rit avec les Haut-Savoyards et avec les Genevois, jamais contre eux. Les mots du pays sont expliqués en bas de page, pour les lecteurs venus d’ailleurs.
